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 ezechkiel ; i'll crush you, destroy you.

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Ezechkiel E. Revenge

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MessageSujet: ezechkiel ; i'll crush you, destroy you.   Lun 29 Juin - 7:02



Ezechkiel H. Revenge
I'LL BUILD A WALL AND WE CAN KEEP THEM ON THE OTHER SIDE




EZECHKIEL ELOHIM HALLELUJAH HAINE, REVENGE.

« « Amen », ai-je ponctué. Dans les yeux liquides de John Désiré Dearborn, j'ai lu comme en un miroir que j'étais un monstre. » *

Maman est morte quand j'ai eu cinq ans. Betsalel n'en avait alors que trois. On était tous les deux, assis, et on attendait. L'écran en face de nous, plat, large, retransmettait en direct les images d'un cercueil en feu, et Betsalel pleurait si fort que j'en ai eu le coeur serré. Papa l'a regardé, lui a mit une gifle, et a dit :

« Tu es un homme, Betsalel, et un homme ne pleur pas. »
« Mais Maman, elle... elle... » A reniflé Betsalel, en s'essuyant le nez avec sa manche.
« Ta mère est morte. »

Mon père est un homme froid et dur, puissant. Il est à la tête de ce que l'on appelle une mafia. Le terme est horriblement péjoratif... mais j'avoue qu'il y a de quoi. Mon père aimait ma mère a la folie, il l'aimait à l'en tuer. Elle voulait fuir, loin de lui, pourtant, il lui avait écrit dans une lettre :

« Rompez, on dit ça dans l'armée. Mais ce n'est qu'un intermède, une pause, un entracte. Je reviendrai te chercher, tu verras. Il me serait égal que tu meures, mais je ne supporterais pas que tu en épouses un autre. » *

Elle n'a pas écouté, elle en est morte. Je ne sais pas qui je dois blâmer. Papa d'avoir tuer Maman, ou Maman d'avoir trahi Papa? Betsalel n'a plus jamais pleuré devant Papa. Tout au long de la cérémonie, il a serré ma main, et il regardait l'écran avait plus d'intensité que si cela lui en aurait couté la vie. On s'est levé, on est sortit dehors. Il y avait nos cousines, mais aucunes paroles. On est tous entré dans nos voitures respectives. Papa et moi sommes allés devant, et Oncle et Betsalel derrière. La voiture a démarré, et Papa m'a susurré à l'oreille :

« Tu es plus fort que ton frère, Ezechkiel, et je le sais depuis longtemps. Maintenant que ta mère n'a plu, je compte sur toi pour protéger ton frère, et ta famille. Tu entends? Ne fais confiance à personne, et protège toujours tes êtres chers. Sans ta famille, tu n'es rien, Ezechkiel. Châtie les traîtres et ne trahie pas, c'est la vraie loi. »

Il s'est redressé et s'est tu tout le long du trajet. Je n'ai pas cessé d'y penser, encore et encore, et au plus profond de moi, j'ai sentit une douleur innommable. Ma mère venait de mourir... mais la douleur était ailleurs. La douleur, c'était celle d'un enfant qui n'arrivait même pas à pleurer.

*, citations extraits d'Alabama Song.



Spoiler:
 


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Ezechkiel E. Revenge

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MessageSujet: Re: ezechkiel ; i'll crush you, destroy you.   Mer 1 Juil - 19:17



Chapter One ;
You bastard was the first to go.

- DID YOU EVER KILL SOMEONE? - YEAH, BUT THEY WERE ALL BAD
true lies




« This is paradise, I’m tellin’ ya. This town like a great big pussy just waiting to get fucked. »

Papa n'aimait pas l'Amérique. Il la haïssait plus que tout... il haïssait tout, même Betsalel. Il n'aimait qu'une chose plus que sa femme : moi. Il ne me le disait pas, mais il n'y avait qu'à voir le feu dans ses yeux pour comprendre que j'étais sa fierté, son unique honneur. Le décevoir, ça reviendrait en mettre en miette tous les efforts d'une vie. Je n'ai jamais déçu mon père, pas une fois j'ai protesté, pas une fois je ne lui ai pas obéi. J'ai toujours été là, auprès de lui, comme un pilier soutenant cet homme qui, depuis longtemps, avait compris que ça ne serait pas lui qui reprendrait la suite, mais bel et bien moi. L'Amérique ne formait pas un melting pot parfait. Les Revenge, oui. Papa avait épousé une femme japonaise, héritière d'une famille de yakuza, haute dignitaire de l'Etat du Japon. D'un autre côté, Hamiel était le fils d'un Revenge et d'une mafieuse, fille de quelques patrons russes se terrant à Little Beach. Il y avait, dans notre famille, aucune institution, juste des traditions à respecter. Ce que nous montrait la télé, comme God Father, ou encore Tony Montana et les Promesses de l'Ombre, tout ça, c'était des conneries. Ou presque. Le parrain était presque sympathique, juste. Le parrain Revenge, qui était en faite plutôt un grand père, n'était pas du tout sympathique. Il ne sortait pas des grandes phrases pour ne rien dire. Vous n'auriez jamais entendu dire, par Jefferson Revenge, une phrase comme : « Les grands hommes ne naissent pas dans la grandeur, ils grandissent. » Jefferson Revenge n'avait qu'une seule phrase à la bouche : « Oeil pour oeil, dent pour dent. » Je n'étais pas grand quand j'ai eu ma première « leçon ». Papa ne pouvait pas s'en charger, il n'était pas assez bien placer d'après Papa pour me faire comprendre mon rang et ma place. Il n'était rien, disait Grand Père. Ce jour là, il est venu dans notre chambre. Il devait être dix heures. Il a regardé Betsalel avec un regard froid, et m'a dit d'une voix dure : « Lèves toi, je vais te montrer quelque chose qui te servira. Betsalel, tu nous suis. ». Je haïssais mon Grand Père et mon Père pour être ainsi, avec Betsalel. On ne l'a toujours pris que comme un chien, croyant qu'il n'était qu'un bon à rien. Sans doute n'est il pas capable de grand chose, mais il est mon frère, et en tant que grand frère, mon rôle est de le protéger. De tout, et de rien. On s'est levé, ce soir là, et on a éteins la télé. Il y avait, à ce moment là, une rafale de balle. Tony Montana criait quelque chose d'incompréhensible et de vulgaire. Grand Père prit les devants, je le suivais à la traces – et ce, dans tous les sens du terme – et il y avait Betsalel derrière nous. On suivait sans savoir où on allait, mais on se doutait que quelque part, ça ne nous plairait pas. Les couloirs de la villa était plutôt longs et étroits, comme si mon Grand Père avait prévu qu'en cas d'attaque, les couloirs seraient tellement étroit qu'un seul homme avec une arme pourrait défaire des centaines de personne, prises au piège de ce corridor sombre. Les néons au plafond donnaient une certaine aura macabre. Je me souviens que Betsalel a attrapé la manche de ma chemise et m'a suivi, apeuré. J'avais neuf ans, il en avait sept. Nous ne sommes séparés que de deux ans, mais deux ans, c'est beaucoup quand on est enfant. J'étais une sorte de pré-adolescent quand il n'était encore qu'un enfant. Lui et ses grands yeux, sa peau claire et ses idées saugrenues, farfelues, totalement dangereuses... Betsalel était une ombre pour les autres, mais pour moi, il était une sorte de pilier. Tout le poids d'une famille reposait sur mes épaules, alors parfois, je me reposais simplement sur lui. Pas besoin de paroles, juste un regard. Il souriait, et il me comprenait. Je posais ma tête sur son épaule et je fermais les yeux. Tous mes fardeaux fuyaient, j'étais bien. Ce soir, pourtant, j'étais seul face à mon destin. Il me suivait toujours, mais il restait toujours derrière. C'était déjà bien trop loin de moi. Grand Père a ouvert la porte et on a découvert un jeune homme, blond, attaché à une chaise. Il soufflait, la gueule en sang, la gueule défoncée. Le néon au dessus de sa tête était recouvert de sang. On devinait facilement ce qui s'était passé. J'avançais à la suite de Grand Père, Betsalel me suivait à la trace. Grand Père jeta un regard à Bet', et ce dernier prit un visage impassible, froid, lâchant alors ma manche. Betsalel était deux personnes. Je voyais son vrai visage quand les autres ne voyaient en lui que ce garçon sympathique mais froid quand il s'agissait de la famille. Betsalel était quelqu'un de bien, mais il était baigné dans la merde, et ce, jusqu'au cou. J'étais triste pour lui, en fin de compte. Grand Père a posé sa lourde main sur mon épaule et il m'a regardé dans les yeux. Il y avait un mélange de passion et de fierté au fond de ses prunelles.

« It's time to kick ass... »
« Die Hard 2... 58 minutes pour vivre. » Il eut un large sourire.
« C'est bien. Très bien. » Il releva le regard et le glissa sur le jeune homme, derrière eux. « Vous avez 58 minutes pour le faire parler. »
« Le faire parler? » Mon grand père me tapota la tête et siffla.
« Ce garçon est un membre du Gang des SkullHeads. Nom très recherché, j'avoue. Il est le fils du chef de Gang. Quinze ans. Ce fameux gang piétine sur nos plates bandes puisqu'ils essayent de monter un petit trafic de cocaïne à côté du notre... nous les avons prévenu trois fois, trois doigts, mais Meisseurs ne veulent pas écouter. D'après Darry, ils préparent un convoi par avion, mais on ne sait pas où. » Il eut un petit sourire en voyant que le jeune homme regagnait conscience. « On l'a un petit peu chauffé, mais rien d'affreux. Je veux qu'il chiale et qu'il appelle sa mère... je veux aussi l'emplacement du convoi. Vous avez cinquante huit minutes. »

Grand Père tourna les talons et sortit de la pièce, nous laissant seuls avec le jeune homme ligotait. Betsalel me regardait alors, visiblement affolé. Mon frère était censé faire un bon meurtrier, mais il ne pouvait pas tuer. Alors on le refourgua au simple rang d'intimideur. C'est un poste très important au sein de la Mafia. Intimider, c'est asseoir sa puissance, c'est mettre en garde, c'est dire « on est là, faîtes pas les cons ». Mais il n'était pas plus à sa place qu'un boxeur dans un centre d'esthétique. En vu de notre hésitation, le jeune homme a ri et nous a jeté un regard indescriptible. Ses pupilles noires baignés dans son propre sang et lui donnait un air assez... étrange. A côté de lui, il y avait un chariot, et un long drap le recouvrait. Je savais déjà ce qu'il fallait faire, je l'avais déjà fait. J'avais huit ans la première fois, et j'avais été seul. Absolument seul. Mais c'était la première fois pour Betsalel, et ce dernier était visiblement nerveux. J'arquais un sourcil en le voyant pourtant terriblement sérieux. Essayait il de se donner de son substance, un moindre courage, ou avait il réellement durci? Mon frère était un caméléon. Du jour au lendemain, il avait quelque chose de plus. Il était un animal imprévisible. Je l'aimais pour ça, pour la surprise qu'il me réservait. Le jour de la mort de notre mère, Betsalel avait pleuré toute la journée, et avait dormi dans mon lit, trop peureux. Le lendemain, je me réveillais seul dans mes draps. Quand je descendais en bas, dans le salon, Betsalel était en train de rire aux éclats devant Tex Avery, comme si c'était absolument normal, comme si c'était une journée banale... comme si rien n'était arrivé. Était-ce de l'auto persuasion ou un système de défense mécanique, qui se mettait en place seul? Je n'en savais trop rien. Ce que je savais, en revanche, c'était qu'il était un vilain menteur. Depuis la mort de notre mère, Betsalel s'attache à son lit par le cheville, avec des menottes, et pleur toute la nuit. Pour ne pas venir me rejoindre. Pour ne pas ajouter quelques peines sur mon coeur. Depuis la mort de notre mère, je dors avec Betsalel pour le rassurer, pour lui montrer que je suis là, que j'ai toujours été là, que la famille n'est rien pour moi d'un réseau de personne ayant besoin les unes des autres. Betsalel est le seul qui compte, avec Hanael... Hanael un peu moins. Mais elle reste ma future femme. Mariage arrangée? Future femme? Vous allez me dire : mais tu n'as que neuf ans! Soit. Neuf ans, c'est très peu, mais mon mariage a été conclu depuis que j'ai cinq ans, alors qu'importe, non? Tout comme Betsalel est promis à un avenir avec Cassiel, je suis promis à devenir l'époux d'Hanael. Ça ne me dérange pas. Cette famille n'a juste aucune morale. Hanael est ma cousine. Betsalel est le cousin de Cassiel. Hanael et Cassiel sont sœurs. C'est drôle, non? Grand Père nous a dit : « ce qui est à la famille doit rester à la famille ». Je pense qu'il a réalisé qu'il avait fait une erreur en mélangeant ses propres enfants à d'autres clans, et qu'il essaye de se rattraper, un tant soit peu, avec ses petits enfants. Mon Grand Père est de cette génération de sorcier de sang pur qui ne sont pas dérangé par la consanguinité. Mon Grand Père est fou. Fou de hargne, de haine, de colère. De tout. Aujourd'hui, il veut qu'un enfant de sept ans torture un gamin de quinze ans. Pour le plaisir, presque. Je suis sûr que cette histoire de trafic de drogue et de gang est totalement inventée, et que cet adolescent n'est qu'un fugueur. C'est triste, d'un certains sens... mais c'est mon rôle.

« Nous avons cinquante minutes, Betsalel, alors tâche d'être persuasif et rapide. » Il hoche la tête derrière moi et s'avance, enlevant le drap de sur le chariot. Un nombre incalculable de petits objets et de grands machins apparaissent. « Arrache lui les ongles tout d'abord... s'il ne parle pas, on le trouera. »
« Qu... quoi qu.. que vous fassiez... je... ne parl-lerais pas... » Il a un rire sans dent. J'ai pitié. « ...bande de... ch..iens... »

Et je n'ai plus pitié. Je grimace et je me déplace dans la pièce. C'est une petite pièce de béton. Il y a des rigoles sur le sol, pour que le sang s'écoule jusque dans les égoûts, pour qu'elle soit propre. On y passe un jet d'eau une fois par jour. Elle sent pourtant... la mort, je veux dire. Elle sent vraiment. C'est infernal. Je soupire et je me dirige vers la chaîne hi-fi. Je déteste que l'on cri dans mes oreilles... je préfère entretenir moi même ma surdité plutôt que d'avoir à supporter les vagissements de ce garçon. Humain ou pas, j'en ai absolument rien à faire, moi. Je veux juste qu'il ne cri pas. Betsalel reste dans la lumière, froid. J'allume les emplis et je branche les hauts parleurs, rapidement, et je met le troisième CD. Mon CD en réalité. Wagner, ou la Chevauchée des Valkyries. Parfois, je me plais à croire que quelque part, Beethoven est tombé sourd à cause de quelques notes trop hauts. Si Richard, pourtant, n'est pas tombé sourd, c'est peut être car il n'a jamais écouté ses propres morceaux? Qu'importe. La pièce de béton donne une caisse assourdissante. La musique éclate dans toutes les pièces et pourrait tuer les oreilles les plus fragiles. Je suis loin d'être fragile. Je m'avance, attrape un tabouret, et je m'assois devant le jeune homme. Je met la musique sur pause, il me regarde, un sourire en coin sur son visage défoncé.

« Tu crois m'avoir avec... de la musique de... merde? »
« Richard Wagner. Ce morceau est de Richard Wagner, et c'est un Opéra. » Il me regarde, il va dire quelque chose, je le coupe. « J'ai quarante cinq minutes pour te faire parler, alors je ne me gênerais pas pour te faire atrocement souffrir. Wagner couvrira ta voix, alors je doute d'entendre tes supplications et tes appels à l'aide. Donc, ce qu'on va faire, c'est que si tu veux que j'arrête la musique et que tu veux parler, regarde la porte, bien? »

Il a un rire, j'augmente le son de la musique. Les hauts parleurs gueulent le prélude. Wagner, ou l'art d'en mettre plein la tête. Betsalel s'approche de la table et saisit un petit instrument fait de fer. D'un premier coup d'œil, on pourrait croire qu'il s'agit d'une catapulte mal montée, c'est bien pire que ça. C'est un petit parallélépipède de fer noir, rouillé, sale. Une chance sur deux d'attraper le tétanos. Sur ce petit parallélépipède, il y a deux tiges, maintenues en leur extrémité par une sorte de pince. Difficile à expliquer. Sachez juste que quand on pose cette fameuse pince sur un ongle, il suffit d'appuyer violemment sur l'autre bout du rectangle pour que votre ongle se retrouve arracher. Un max de sensation avec très peu d'effort. Mais c'est toujours beaucoup trop facile. Avec un ongle, on peut faire énormément de chose, vous savez. Grand Père nous a donné des « cours », comme il en a donné à toute la famille. Des cours qui vous rendent hargneux, menteurs, intelligents, cultivés, vulgaires, effrontés, ou encore calculateurs... et aussi, très, très sadiques. Je ne pense pas que ce soit normal, mais au final, on s'y accommode. On est bien obliger. Betsalel le regarde, avise rapidement du regard, et attrape une main. Cette dernière est ligotée à l'accoudoir de la chaise, ne permettant aucun mouvement. Il suffit à mon petit frère de prendre trois rondelles, fines et dures, de bambou et de les enfoncer très lentement entre l'ongle et la chaire du jeune homme pour que ce dernier se mette à hurler. Wagner couvre tous ses hurlements, mais je suis sûr que quelque part, dans cette mélodie, je les entends.


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Ezechkiel E. Revenge

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MessageSujet: Re: ezechkiel ; i'll crush you, destroy you.   Mer 1 Juil - 19:18



Il pleur. Les premières larmes sont les plus intéressantes. Le visage se décompose, se durcit, devient rouge, parfois bleu ou blanc. Les premières larmes sont les meilleurs, dit Papa. Je ne sais pas vraiment ce que ça signifie... ce que je sais, c'est que l'on nous a apprit à faire pleurer de cette façon, et pas d'une autre. Il ne parlera cependant pas. Betsalel, machinalement presque, sans un regard pour l'être humain, approche le rectangle de fer, la machine qui fait mal. Normalement, c'est une machine à laquelle on résiste... quand on est grand et robuste. Pas sûr pour lui. Betsalel arrache un à un ses ongles, mais ce dernier continue de hurler, regardant le plafond. Je guette, le moindre mouvement. Regarde la porte... regarde la porte. C'est ce que doit se dire Betsalel à ce moment. Il n'aime pas la torture, mais lui aussi, il s'y est accoutumé. Je pense que c'est partout pareil. A voir son père boit, on s'accoutume à l'alcool, et ça devient normal. A voir son père torturait des gens, ça devient normal, presque logique. Cet homme détient une information, il est sur notre territoire. Il mérite toute notre haine, et pourtant, je suis sûr que Betsalel ne le haït pas. Pas assez, en tout cas. Sans doute le haït il, lui et aussi Grand Père. Plus d'ongles, c'est fini. Mais le garçon n'a toujours pas avoué. Il reste vingt minutes. Betsalel se déplace lentement vers la table, à regret presque. Il arrache une foreuse, ce genre d'instrument qui trafiquer fait des trous de deux centimètres dans la peau. Sympathique, dirons nous. Il se rapproche, à contre coeur, du jeune homme et sans un regard, blanc comme neige, il posa la foreuse sur sa peau. CO-CLACK! C'est le bruit que fait une foreuse qui rencontre un os et le brise pour passer à travers les chairs. Une foreuse fait des trous de cinq centimètres de long. La main est donc entièrement transpercé. Il hurle, encore. Quel con. Pourquoi ne pas avouer? De toute façon, il ne sortira pas d'ici. Il est parcouru de spasme. Ça signifie, en autre, que la dopamine secrétée par le cerveau n'a plus aucun effet, tout comme la morphine naturelle. En somme, il est entièrement parcouru par la douleur et cette dernière est à son stade 6 sur 7. Insupportable. Mais visiblement, il supporte avec des chiales et des cris que je n'entends pas. Je hoche la tête. Plus le temps passe, plus Betsalel est livide. Ça m'effraie un peu. Papa dit souvent qu'il n'est pas digne d'un Revenge, qu'il aurait aimé avoir un fils comme Hamiel. Je n'aurais pas aimé avoir un autre frère que Betsalel. J'aime Betsalel, bien plus que Hamiel ou que Mehalel. Betsalel est tout et le restera. Je me salirais les mains pour lui, alors que je ne le ferais pour aucun autre. Je me lève, silencieux, et je repousse un peu Betsalel et la foreuse. Il me regarde, les pupilles rétractés au maximum. Il se choque tout seul. Ce soir encore, il viendra dans mon lit, pleurait, encore et encore. Je suis triste. Ce n'est pas de la pitié, c'est réellement de la tristesse. J'attrape la hachette qui est sur le table et j'éteins Wagner. Il est là, il souffle, il a mal. Je le regarde et murmure :

« Dit moi où ce va se faire la livraison ou je te coupe la main. » Il me regarde et a un petit rire qui semble être une vraie peine pour lui.
« Je parle pas aux... mioches... »

SLAHKAK. C'est à peu prêt le bruit que fait une hache filant dans l'air. KRAACK. Ça, c'est le bruit des os et des ligaments, des tendons aussi, qui lâchent sous la lame. Il hurle, piétine, pleur. Wagner ne cache plus ces cris, et je le haïs d'hurler si fort. Il hurle beaucoup trop fort, beaucoup trop. Je le contourne rapidement et je lève la hachette. Il me regarde et hurle, s'égosille :

« La cinquième avenue! Je le jure! Cinquième avenue, vers New Beach! New Beach! »

Et sa révélation est étouffée par des pleurs et des râles. Je le regarde et Grand Père ouvre finalement la porte. Il me regarde, il fronce les sourcils. Betsalel a du sang sur les mains – heureusement pour lui – et il avise son aïeule qui ne semble pas vraiment heureux. Betsalel sort rapidement de la pièce, filant à côté du vieil homme qui me regarde et a un visage froid.

« Tu as réussi? »
« Cinquième avenue, New Beach. » Il regarde le jeune homme en pleur.
« C'est bien. Tu peux le laisser. Mes hommes s'occuperont du reste. »

Il tourne les talons et fait deux pas. Le jeune homme me jette un regard paniqué, et je n'hésite pas. Je plante ma hachette dans son crâne, je frappe aussi fort que je le peu, et je le rate. Ma lame glisse sur l'arrête de son visage et se loge dans sa gorge. Un filet de sang gicle sur moi, éclabousse mon visage et me recouvre, poisseux et chaud. Je reste là, les mains sur le manche de la hachette. Grand Père me jette un regard. J'hésite à dire si c'est de la fierté ou au contraire du dégoût. Je relâche le manche et je me déplace lentement vers la porte. Ma chemise blanche est couverte de sang... c'est Maria qui va encore hurlé. Je vais pour passer la porte quand une lourde main s'abat sur mon épaule. Je m'arrête et regarde derrière moi. Il est là, il me fixe. C'est un géant.

« Pourquoi as-tu fait ça? » Je le regarde et je dis, tout simplement :
« Je ne suis pas un mioche. Il hurlait. Il a dit que nous étions des chiens. C'est un traître à son sang. » Il me regarde et pince les lèvres.
« Il y a autre chose, Ezechkiel. Tu étais en colère, ça t'arrive rarement... que- »
« Il a salit les mains de Betsalel. »

Mon Grand Père me regarde, étonné. Je me dégage de sa main et je sors. C'est la dernière fois que j'ai été appelé à participer avec Betsalel à un entretient. C'était aussi la première fois. Je n'ai jamais interrogé qui que ce soit. Depuis ce jour, je suis Ezechkiel Revenge, prochain successeur à la tête de la Famille Revenge, mafia sorcière. Ezechkiel Revenge.


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